Une déclaration papale est, depuis quelques jours, la cible de toutes les attaques. On dit le soutien au Pape s'amenuisant, même au sein de la communauté catholique. Force est de constater que les médias ont encore réussi leur coup : déformer proprement et simplement des propos en les sortant de leur contexte.
La phrase retenue du Pape est la suivante : "On ne peut pas vaincre le SIDA par l'utilisation du préservatif : au contraire, ils augmentent le problème...".
Le problème, c'est que la phrase complète ajoute à la suite : "... la solution peut être seulement liée à une humanisation de la sexualité, un renouveau spirituel et humain." (voir la vidéo http://www.dailymotion.com/video/x8p619_benoit-xvi-le-preservatif-aggrave-l_news)
Le sens de la phrase dans son ensemble est sensiblement différent ! L'Eglise rappelle sa position de toujours sur la question : l'acte sexuel est directement lié à la procréation, et doit être consommé dans le cadre d'un couple uni par le mariage.
Le préservatif n'est que la partie émergée de l'iceberg ; à travers lui s'est instauré une banalisation d'un changement comportemental : avoir du sexe pour du sexe, autrement dit la luxure, faisant partie des 7 péchés capitaux du catholicisme.
Ce que le Pape dit donc, c'est que l'utilisation du préservatif encourage à continuer ce comportement abusif, et plus les relations sexuelles seront désordonnées et nombreuses, plus le risque de transmission du rétrovirus est important.
Le préservatif donne l'illusion d'une sécurité, mais qui n'a jamais entendu parler d'un préservatif qui craque ? Un simple oubli suffit à tout faire basculer, et tout le monde n'a pas forcément accès facilement à ces moyens de contraception, déjà qu'on refuse d'inscrire quelque part le droit de tout un chacun d'avoir accès à l'eau...
La solution prônée par l'Eglise au travers de la bouche du Pape est donc la suivante : revenir à des valeurs plus nobles comme la fidélité dans l'union. Si le sérieux revient autour de l'acte sexuel, le préservatif verra son utilité naturellement s'évaporer et la transmission du SIDA sera elle-aussi naturellement compromise. Ainsi, tant qu'on met le préservatif en avant, on encourage la perte de repères et on induit le processus inverse : une conservation voire une augmentation de rapports sexuels basés sur la simple envie, et par là-même une augmentation de la contamination des populations par le SIDA.
Concernant le Pape, il est le représentant du Dieu sur Terre, et à la tête d'une institution, l'Eglise catholique romaine, qu'il connaît parfaitement. Les prises de position pro/anti Pape n'ont donc aucun sens : l'Eglise n'est pas une entreprise libérale, et le Pape n'est pas un P-DG redevable devant ses actionnaires...
Notre société (et les Français sont champions en la matière) a l'habitude de faire valser les dirigeants au moindre problème, mais c'est là où l'on voit que notre mode de vie influe trop sur nos comportements et nos habitudes.
Le seul problème que je vois dans tout cela est la manie d'une majorité de médias (au sens large, en incluant toute publication d'opinion, dont FaceBook et les blogs) de pratiquer la désinformation : c'est à dire ne pas rechercher la source des informations communiquées, ne pas faire l'effort de comprendre le réel sens des messages mis en avant et s'arrêter à l'information massivement transmise sans se poser la question de l'intégrité du message et d'une éventuelle déformation...
dimanche 22 mars 2009
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